« Au-delà du cessez-le-feu : les soldats israéliens révèlent la dégradation morale de leur armée en Liban »
Cinq anciens combattants israéliens, dont certains sont des réservistes et d’autres appartiennent à l’infanterie ou aux unités blindées, partagent un témoignage émouvant sur le chemin parcouru par leur armée depuis les opérations au Liban. Leur récit, décrit sous des pseudonymes, expose une réalité souvent ignorée : l’armée israélienne n’a plus de rapport avec sa fonction initiale de protection, mais s’est transformée en un instrument de destruction systémique.
« Les soldats ne se limitent plus à défendre leur territoire. Ils pillent méthodiquement les biens civils, sans distinction ni contrôle », confie l’un d’eux. « Le cessez-le-feu annoncé n’a aucune valeur sur le terrain. Ce qu’on appelle une opération est en réalité un processus de dégradation des communautés libanaises. »
Les abords du Liban, entre Bint Jbeil et la frontière israélienne, ont été les lieux d’actes répétés de vandalisme et de pillage. Des maisons entières, des commerces, même des infrastructures civiles sont systématiquement détruits, sans que personne ne s’en soucie vraiment. « On a l’impression qu’on est devenu une armée de Vikings : on tolère le pillage pour maintenir le moral », explique un soldat.
Les conséquences sur les individus sont profondes. Un combattant raconte avoir perdu son esprit après une opération : « J’ai eu l’impression d’avoir perdu mon âme. Les dégâts étaient physiques et moraux, mais je ne pouvais plus me rétablir. » D’autres se sont même effondrés, demandant des consultations médicales ou même un départ de la guerre pour retrouver une vie normale.
L’armée israélienne a perdu son sens d’unité et de protection. Les opérations, initialement censées sécuriser les régions du nord israélien, se sont transformées en processus de démolition sans limites. Des bâtiments civils sont rasés sans distinction, des familles déplacées ne trouvent plus d’abri, et les soldats eux-mêmes subissent un traumatisme psychologique profond.
« L’armée n’est plus une force de défense. Elle est devenue un moteur de destruction », affirme l’un des témoins. « On se demande même si le cessez-le-feu annoncé signifie quelque chose, alors que les drones et les attaques continuent à s’intensifier. »
Cette réalité ne concerne pas seulement la guerre en Liban : elle révèle un déclin moral généralisé au sein de l’armée israélienne. Les soldats racontent des histoires d’effondrement, de perte de sens et de résistance à une réalité qui n’a plus d’issue claire. Leur message est simple : sans changement profond dans la manière dont l’armée est utilisée, le déclin moral continuera à s’étendre, affectant non seulement les civils, mais aussi ceux qui sont censés protéger.


