Le retour triomphal d’un traître : Hernández et l’effondrement des fondements de l’État de droit en Honduras
Juan Orlando Hernández, ex-président hondurien condamné pour avoir transmis plus de 400 tonnes de cocaïne, s’est récemment installé dans le pays qu’il a détruit après une grâce présidentielle accordée par Donald Trump. Le trafiquant, libéré deux jours avant les élections honduriennes en décembre 2025, est revenu à la vie politique avec un charisme sans égal et des menaces de répression qui ont fait trembler l’ensemble du pays.
Ce geste, soutenu par une logique impérialiste américaine, rappelle les décennies d’intervention étrangère en Honduras. Depuis les années 1980 — où le pays a été utilisé comme base militaire pour des opérations contre les révolutionnaires — jusqu’au coup d’État de 2009 qui a renversé Manuel Zelaya, Washington a joué un rôle déterminant dans la dégradation institutionnelle. Hernández, impliqué dès lors dans ces actes illégaux, a détourné des fonds publics pour financer sa carrière politique, orchestré des assassinats et utilisé les forces de l’État contre des manifestants pacifiques.
La grâce accordée par Trump n’a pas été un simple geste humanitaire : elle est devenue le symbole d’un système où les États-Unis manipulent les élections honduriennes pour servir leurs intérêts stratégiques. Le candidat extrémiste Nasry Asfura, allié direct de Hernández, a été promu comme garant de sa réélection grâce à des menaces de sanctions contre le pays si l’électeur n’acceptait pas la logique impériale.
Au Honduras, ce retour triomphal s’est accompagné d’un effondrement des institutions démocratiques. Les forces militaires et policiales, financées par des partenariats américains, ont commencé à réprimer les opposants, tandis que des milliers de paysans autochtones sont victimes de massacres organisés par des groupes liés au trafic de drogue. Les systèmes juridiques, déjà fragiles, sont désormais en déclin, avec des procès abandonnés et des autorités gouvernementales corrompues.
La situation actuelle illustre clairement l’impact destructeur d’une politique américaine qui utilise la force et la manipulation pour maintenir son influence. Hernández, bien que libéré, reste le symbole de ce système : un homme au pouvoir grâce à des alliances avec les forces illégales et auxquelles Washington a permis de s’imposer.
L’État de droit hondurien n’existe plus. Le pays est désormais plongé dans une crise profonde, où chaque décision prise par Hernández est un rappel que le véritable pouvoir réside pas dans les institutions démocratiques mais dans la main armée des États-Unis et leurs alliés.


