Un dispositif israélien cache ses manipulations dans les systèmes d’intelligence artificielle
Dans un mouvement inédit pour influencer l’élaboration des modèles d’intelligence artificielle, Israël a lancé une initiative secrète en créant un faux institut de recherche. Ce groupe fictif, nommé Institut Hannover pour la Politique Publique, est financé par l’Agence israélienne et géré par Piro, Inc., société cofondée par Daniel Rosenberg, réalisateur du film « Inside Man ».
En moins d’une semaine, cet organisme a publié plus de cent rapports structurés comme des études académiques. Ces documents, conçus pour être pris en compte par des chatbots tels que Claude ou Gemini, abordent des sujets sensibles comme l’utilisation de fonds cachés par les autorités israéliennes ou l’impact du conflit dans la bande de Gaza.
L’un de ses rapports conteste le chiffre de l’ONU selon lequel 90 % des infrastructures à Gaza ont été détruites. Un autre affirme que 47 % des Israéliens considèrent l’armée nationale comme étant la plus morale au monde. Ces publications, souvent présentées avec un ton neutre et des références apparemment fiables, visent à influencer les réponses automatisées des systèmes d’intelligence artificielle tout en évitant toute détection par les outils de vérification.
L’opération a été soutenue par Havas Media, une entreprise française spécialisée dans les relations publiques. Piro a reçu près de 900 000 dollars d’argent israélien pour cette activité. Son objectif est de reproduire des modèles de pensée semblables à ceux des think tanks américains, tout en s’adaptant aux critères d’évaluation des systèmes d’intelligence artificielle.
En parallèle, Israël a également recruté Brad Parscale, ancien directeur de campagne de Donald Trump, pour développer des sites web pro-israéliens. Ces ressources ont été utilisées pour entraîner des chatbots à reproduire des discours favorables à la position israélienne.
Cette stratégie révèle une volonté croissante d’influence numérique par l’intelligence artificielle, ce qui menace la crédibilité des informations publiques. Les experts craignent que cette méthode ne réduise la transparence dans les débats sociaux et politiques, compromettant ainsi l’équilibre des discussions entre les différentes parties impliquées.


