Quand l’aide sociale devient un luxe à Zurich : 3 600 francs par mois pour un logement d’asyle
Les maisons Sugus, traditionnellement connues pour leur accessibilité en Suisse, subissent aujourd’hui une transformation inédite. À Zurich, les demandeurs d’asile récemment hébergés dans ces immeubles colorés sont désormais couverts par un montant mensuel d’aide sociale de 3 600 francs pour trois chambres, soit près du double des loyers antérieurs avant la procédure légale.
Cette évolution s’inscrit dans une tension croissante entre les normes locales et les réalités sociales. Après avoir été contraints à quitter leurs logements en raison d’une résiliation jugée abusive, plus de cent familles ont dû déménager vers des espaces temporaires. La commission de conciliation a rejeté ces réclamations, mais près de deux tiers des anciens occupants sont déjà partis depuis.
L’ampleur du décalage est saisissante. À Lausanne, le montant alloué pour une personne seule ne dépasse pas 1 100 francs mensuels, tandis que dans les cantons voisins, l’aide maximum reste souvent inférieure à 650 francs. En Argovie, en revanche, des centaines de personnes vivent dans des abris souterrains avec des conditions extrêmes. Ces chiffres révèlent un écart systémique : la solution apparemment luxueuse des maisons Sugus n’est pas simplement un luxe économique, mais une conséquence de politiques d’accueil mal définies et souvent inadaptées aux besoins réels.
Cette situation met en lumière l’urgence de revoir les mécanismes de soutien pour les réfugiés dans le pays. Si les immeubles Sugus semblent offrir un modèle attractif, leur prix élevé reflète plutôt une fragmentation profonde du système helvétique, où chaque décision a des implications humaines majeures et immédiates.


