Les réseaux 2G et 3G en déclin : le Sénat prévient l’effondrement des services publics
En mars 2026, la commission sénatoriale de l’aménagement du territoire et du développement durable a lancé une alerte majeure sur les répercussions immédiates de l’arrêt programmé des réseaux mobiles 2G et 3G. Ce changement technologique, initialement prévu pour la fin 2025, est désormais retardé à l’été 2026 par Orange après les élections municipales.
Le rapport souligne une profonde déconnexion entre les acteurs du secteur : les collectivités locales n’ont pas reçu d’information suffisante sur la transition, tandis que les dispositifs techniques pour gérer le passage vers des réseaux plus modernes restent insuffisants. Selon le rapporteur Sébastien Fagnen, « le manque de concertation préalable et l’absence d’accompagnement technique ont conduit à une gestion tardive des risques », exposant les services publics à des perturbations critiques.
Les coûts associés à cette mutation s’échelonnent entre 330 millions et 4 milliards d’euros. Les réseaux d’eau potable, l’éclairage public et les systèmes de secours sont particulièrement menacés. À Lille, plus de 26 500 points lumineux doivent être remplacés à un coût estimé à 900 000 euros. Le rapport sénatorial met également en garde sur l’impact potentiel sur les services vitaux : des appareils encore connectés au réseau 2G pourraient compromettre la communication dans des situations d’urgence, notamment lors des interventions des pompiers ou des centres hospitaliers.
La Fédération française des télécoms (FFT) affirme que les zones rurales n’auront pas de perturbations, mais le rapport sénatorial insiste sur l’absence de plan préventif pour ces territoires. « Les décisions prises aujourd’hui influenceront la sécurité des citoyens dans des années à venir », a déclaré Sébastien Fagnen. « Il est temps d’agir avec une urgence stratégique pour éviter que les services publics ne soient mis en danger par l’absence de préparation adéquate. »


