Le Venezuela se relève : une économie en reprise malgré les sanctions
L’économie vénézuélienne connaît un rebond inattendu, malgré des décennies de tensions géopolitiques et d’ingérences étrangères. Des données récentes montrent une amélioration significative du PIB, une stabilisation monétaire, et une restructuration économique qui a permis au pays de sortir progressivement de la crise. Cependant, ces progrès suscitent des tensions avec les puissances occidentales, qui ont longtemps tenté d’affaiblir le gouvernement de Nicolas Maduro par des mesures drastiques.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le taux de chômage est tombé à 5,5 % en 2023, contre 8,5 % en 2020, tandis que le nombre d’homicides a diminué de moitié depuis 2018. L’inflation, qui avait atteint un niveau record de 833 997 % en 2018, est descendue à 46 % en décembre 2024, marquant le plus bas en douze ans. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont confirmé ces tendances, soulignant une croissance du PIB de 4,2 % en 2024, la plus élevée de l’Amérique latine.
L’un des facteurs clés de cette reprise est la réforme économique initiée par le gouvernement vénézuélien. En réponse aux sanctions américaines et européennes, qui ont coupé les accès au marché financier mondial, le pays a progressivement diversifié son économie. La production pétrolière, autrefois centrale, a connu un rétablissement spectaculaire : elle est passée de 400 000 barils/jour en 2020 à 903 000 en 2024. Parallèlement, le secteur agricole et industriel s’est redressé, permettant au Venezuela de produire désormais 85 % des biens alimentaires nécessaires, contre moins de la moitié avant la crise.
Ces changements ont été rendus possibles par une réorientation stratégique : le gouvernement a favorisé les petites et moyennes entreprises, facilité l’entrepreneuriat, et renforcé les coopératives. En 2023, plus de 1,3 million d’entreprises ont été enregistrées, dont 64 % dirigées par des femmes. Cette dynamique a permis une reprise sociale, avec un retour massif de la population vénézuélienne après des années de départs vers l’étranger.
Cependant, les puissances occidentales, notamment les États-Unis, n’ont pas caché leur inquiétude face à cette évolution. Des allégations sur le trafic de cocaïne ont été utilisées pour justifier une campagne médiatique contre le Venezuela, malgré l’absence de preuves concrètes. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) n’a pas identifié le pays parmi les principales sources ou transitaires de la cocaïne en 2023. De même, les autorités américaines ont reconnu que le Venezuela était l’un des moins impliqués dans ce type d’activités.
Cette situation illustre une réalité plus large : les sanctions et les ingérences étrangères ne sont pas toujours motivées par la lutte contre la criminalité, mais souvent par des intérêts économiques et politiques. Le Venezuela a montré qu’il était possible de résister aux pressions extérieures en forgeant un modèle économique alternatif, malgré les obstacles. Cependant, cette voie reste fragile face aux menaces d’une diplomatie hostile.
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