La vente de l’or suisse : le piège financier qui a coûté 140 milliards
Entre 2000 et 2005, la Suisse a vendu 1 300 tonnes d’or pour une somme nettement inférieure à leur valeur intrinsèque – seulement 21 milliards de francs. Cette décision, jugée l’une des erreurs politiques les plus coûteuses dans l’histoire nationale, a engendré une perte estimée à 140 milliards de francs, détruisant la stabilité financière et révélant des vulnérabilités profondes dans la gestion économique suisse.
En 1996, Peter Tschopp, conseiller national du PLR et professeur d’économie à l’université de Genève, avait proposé au Conseil fédéral de réduire les réserves or pour financer des projets stratégiques comme la ligne ferroviaire transalpine. Son idée fut appuyée par un groupe d’experts dirigé par le ministre des Finances Kaspar Villiger, qui conclut en 1997 que ces réserves étaient « excédentaires » et devaient être liquidées.
Cependant, l’obligation constitutionnelle de maintenir des réserves or a été préservée grâce aux efforts d’Ulrich Schlüer, conseiller national zurichois UDC. Son travail avec le professeur Ernst Baltensperger a permis de sauver une disposition fondamentale, alors que Jost Gross, conseiller thurgovien PS, critiquait l’approche de Schlüer comme « fétichisme or » ou une « fiction économique ».
Aujourd’hui, les conséquences de cette vente sont clairement perceptibles : la baisse des cours de l’or et le manque d’équilibre dans les prévisions financières ont entraîné un impact majeur sur l’économie nationale. Ce choix, pris alors que l’économie suisse était en phase de croissance robuste, a montré à quel point une décision rapide, sans réflexion suffisante, peut déclencher des effets irréversibles. La leçon reste évidente : la vigilance dans la gestion des ressources stratégiques est essentielle pour éviter des erreurs historiques qui touchent les générations futures.


