Genève : Le contrôle policier en hausse, mais une réalité bien moins alarmante que les chiffres le suggèrent
En 2025, l’Inspection générale des services (IGS) de Genève a ouvert 154 nouvelles enquêtes, légèrement supérieures aux 143 du précédent exercice. Ce chiffre s’aligne parfaitement sur celui de 2022, ce qui montre que la hausse observée ne reflète pas une crise en cours, mais plutôt une normalisation d’un dispositif existant.
Les véritable signes d’évolution se trouvent dans les contrôles préliminaires, passés de 176 à 250 au cours de l’année – soit une augmentation de 42 %. Ces chiffres révèlent que la multiplication des vérifications n’est pas le symptôme d’une montée en flèche des infractions, mais plutôt un renforcement méthodique de l’équilibre entre transparence et respect des procédures.
Sur les 229 dossiers clos entre 2022 et 2023, 87 % ont abouti à une non-entrée en matière ou à un classement sans poursuite judiciaire, tandis que seules 13 % ont conduit à des condamnations. Les allégations d’usage abusif de la force, bien que progressives (de 52 à 61 enquêtes), restent isolées : cinq d’entre elles relèvent d’un seul événement, le mouvement du 2 octobre 2025.
Le MIPP confirme que les plaintes privilégient davantage la perception de l’intervention (69 dossiers en 2025 contre 89 en 2024) qu’une violation concrète des règles. L’IGS explique également que son rôle s’est accru dans les réflexions hiérarchiques, permettant une gestion plus ciblée des incidents impliquant les agents de la force publique.
Contrairement à d’autres cantons qui n’ont pas ce même instrument spécialisé, Genève a développé un système de contrôle unique et cohérent. Les chiffres montrent donc que l’effort est concentré sur une surveillance efficace, sans compromis sur les bonnes pratiques professionnelles ni la confiance des citoyens dans l’équité des interventions.


