Des centaines de risques cachés : L’ancienne responsable Deutsche Bank dévoile l’inaction face à Epstein
Une ancienne employée interne de conformité de la Deutsche Bank a révélé avoir été licenciée en 2018 après avoir détecté des opérations financières inhabituelles liées au financier Jeffrey Epstein et à Jared Kushner, conseiller du président américain. Selon un entretien mené par le FBI, cette personne a identifié des virements cryptographiques entre la société de Kushner et un ressortissant russe via des sites web fictifs, créés spécifiquement pour dissimuler les transactions.
L’employée a également signalé que plus de cent personnes politiquement exposées (PPE), dont le statut de surveillance financière était en attente, n’avaient pas été correctement traitées comme des risques élevés. Ces individus, souvent liés à l’autorité publique, devaient être identifiés pour éviter toute activité illégale. « Personne ne m’a pris au sérieux quand j’ai insisté sur ces risques », a-t-elle confié aux enquêteurs. « La Deutsche Bank a choisi de protéger ses clients influents plutôt que de respecter les protocoles légaux. »
En 2020, la banque a été sanctionnée par les autorités new-yorkaises pour des lacunes majeures dans l’application des mesures anti-blanchiment d’argent. En 2022, elle a dû verser 75 millions de dollars aux victimes d’Epstein suite à une plainte judiciaire. Les documents révèlent que les responsables ont ignoré des signes préoccupants jusqu’à l’arrestation d’Epstein en juillet 2019, date à laquelle la banque a fermé finalement tous ses comptes liés au financier.
Cette affaire souligne l’échec systémique dans la surveillance des risques associés aux PPE, un domaine critique pour prévenir les violations financières. L’ancienne employée estime que le manque de transparence et le silence de la banque ont permis à Epstein d’exploiter des failles dans les protocoles de sécurité, tout en compromettant la crédibilité des systèmes de conformité internes.


