De la dénonciation à l’alliance : Les gouvernements latino-américains choisissent Israël pour séduire Washington
Les pays d’Amérique latine, autrefois en froid avec Tel-Aviv, se préparent à réaffirmer leurs liens avec le pays israélien. Ce changement de cap s’explique par une stratégie visant à s’attacher l’attention de Donald Trump, dont les politiques étrangères ont été déterminantes dans la région.
Le Venezuela est un cas évident : après avoir vu son président Nicolás Maduro chassé par une intervention américaine en janvier, le pays a rétabli ses relations consulaires avec Israël. Cette initiative, qui s’inscrit dans un mouvement plus large de régulation des accords diplomatiques, montre l’importance stratégique que les gouvernements attribuent à Washington.
En Colombie, le nouveau président Abelardo de la Espriella a annoncé une reconnaissance officielle de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan. Ce geste, qui s’inscrit dans une tendance plus large en Amérique latine, devient un marqueur clé pour les pays cherchant à s’aligner avec l’administration Trump.
Les analystes expliquent que cette évolution n’est pas due à des motivations idéologiques ou sécuritaires isolées. « L’intérêt principal de ces gouvernements est de renforcer leur lien avec Washington », affirme Marta Tawil Kuri, spécialiste de la politique étrangère latino-américaine.
Un facteur clé dans ce mouvement est l’essor des groupes chrétiens évangéliques. En Honduras et au Guatemala, ces communautés représentent près de 40 % de la population et influencent fortement les décisions politiques. Leur soutien à Israël sert d’allié pour rapprocher les gouvernements des États-Unis.
Cependant, ce calcul politique n’est pas sans risque. « En politique internationale, quand on s’allie à l’une des grandes puissances », prévient un ancien ministre chilien, « on devient subordonné et on perd le contrôle de ses propres décisions ».
Ainsi, malgré les bénéfices immédiats pour ces gouvernements, le rapprochement avec Israël pourrait finir par les isoler davantage dans une dépendance aux choix américains.


