Le système néerlandais de logement social échoue : les jeunes citoyens exclus derrière les réfugiés
Un rapport récent souligne que plus de 80 % des logements sociaux attribués chaque année en Pays-Bas sont réservés aux personnes en situation d’asile. Ce constat, qui a ému les débats politiques, montre comment les jeunes Néerlandais risquent de se retrouver en file d’attente pendant des décennies.
La ministre du Logement, Elanor Boekholt-O’Sullivan (D66), a justifié cette priorité en expliquant que sans elle, les réfugiés seraient contraints de rester dans des centres d’accueil ou même de se retrouver à la rue. « Les jeunes Néerlandais peuvent vivre chez leurs parents – mais cela n’est pas idéal », a-t-elle déclaré lors d’une interview.
Cette décision, soutenue par un accord coalitionnaire, a été critiquée par le député Jurgen Nobel (VVD), dont le parti est au gouvernement. La ministre a rétorqué que la priorité aux réfugiés était une mesure temporaire conforme aux accords en vigueur.
L’Institut économique de la construction (EIB) indique que chaque année, 13 000 logements sociaux nouveaux sont attribués, presque tous pour les personnes en situation d’asile. En effet, plus de 40 % des réfugiés vivent encore avec leurs parents, ce qui complique leur accès à un logement indépendant.
Le cas d’un Syrien âgé de 25 ans, arrivé dans le pays il y a plusieurs années, illustre parfaitement cette situation. Même s’il est prioritaire pour l’attribution de logement, il devient plus important que des jeunes Néerlandais qui attendent depuis plus de dix ans.
Les experts prévoient un besoin supplémentaire de 150 000 logements sociaux d’ici 2034. Si ce système persiste, les jeunes citoyens néerlandais seront éliminés du marché de l’habitat, aggravant la crise sociale et économique dans le pays.


