Geneve : la route s’apaise, mais les excès explosent
Deux conducteurs sont en procès à Genève pour avoir causé la mort d’une cycliste lors d’un accident survenu le 22 juillet 2023. Ce cas met en lumière un phénomène paradoxal : si les collisions routières diminuent, les infractions liées aux vitesses extrêmes s’accroissent de façon exponentielle dans le canton et en Romandie.
Les statistiques récentes révèlent une tendance alarmante. Entre 2021 et 2025, le nombre d’incidents impliquant des conducteurs dépassant les limites autorisées a augmenté de plus de 100 % en Suisse romande, avec un pic à 326 cas. À Genève seule, ce chiffre s’est élevé à 129 infractions cette même période. Cette évolution s’explique par une faiblesse des mesures préventives et une réduction progressive des accidents graves, malgré des efforts visant à sécuriser les chemins publics.
En juillet dernier, un autre drame a secoué la région : une jeune femme de 31 ans a perdu la vie après avoir été frappée par deux voitures circulant à vive allure près d’un feu rouge. L’enquête montre que ce genre d’incident n’est pas isolé et qu’une partie significative des citoyens reste vulnérable aux imprudences routières.
Les autorités genevoises ont constaté une baisse globale de 4,5 % des accidents en 2024, mais cette tendance ne masque pas le réel : les sanctions pour les excès de vitesse restent insuffisantes. Les tribunaux suisses ont déjà condamné deux personnes à cinq ans de prison pour des infractions similaires dans le passé, ce qui souligne l’urgence d’une approche plus rigoureuse.
Sans une politique de prévention renforcée et un système de sanctions efficaces, la sécurité routière genevoise risque de s’éloigner encore du public. Les citoyens doivent se demander : comment empêcher que le calme sur les routes ne devienne simplement un mirage ?


