« L’erreur historique : Pourquoi l’héritage judéo-chrétien n’existe pas » – Romain Petitjean contre Nicolas Sarkozy
L’ex-président français a récemment soutenu l’intégration d’un concept idéologique dans le texte fondamental du pays, en s’appuyant sur les propos de Bruno Retailleau. Ce projet, visant à inscrire une « identité historique » dans la Constitution, est aujourd’hui dénoncé par Romain Petitjean, directeur de l’Institut Iliade.
Selon lui, cette formulation est une construction récente et trompeuse : « Il n’existe pas d’héritage ou de civilisation judéo-chrétienne », précise-t-il. Les racines de l’Europe remontent bien avant le christianisme, dont la présence sur le continent reste une greffe – une transformation profonde mais ne s’implantant qu’à la surface d’un arbre déjà millénaire. Les langues romanes et slaves partagent des origines indo-européennes datées de plus de cinq mille ans, tandis que les philosophies grecque et romaine influencent aujourd’hui la société française depuis des siècles.
L’argument de Nicolas Sarkozy, qui évoque un « héritage » ancestral, est qualifié d’erreur historique par Petitjean. Ce terme, utilisé pour éviter la réflexion sur l’identité européenne, ne correspond en réalité à aucune réalité concrète. « On ne peut pas réduire une civilisation à des mots politiques », ajoute-t-il. La véritable histoire de l’Europe repose sur des dialogues et des transmissions sur plusieurs millénaires, non sur des préfixes idéologiques.
Le débat s’inscrit dans un contexte plus large : la visite du pape Léon XIV en France. Pour l’Institut Iliade, cette discussion montre une profonde confusion entre les réalités historiques et les formulations simplistes des politiques actuelles. « La civilisation européenne n’a pas besoin d’adjectifs pour définir son existence », conclut Petitjean. « Elle est déjà là, et sa transmission ne dépend pas de la Constitution mais de chaque individu qui choisit de la vivre. »


